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Election TPE : Profession Cuisiniste, Philippe, 49 ans

Publié le 4 mai 2012 à 10:22 I
PhilippeCuisiniste

Quel est votre parcours professionnel ?

J’ai passé vingt ans dans le domaine de la vente au service d’une grande enseigne de la grande distribution. Si ce travail m’a permis de dépasser les contraintes qu’impose tout métier de vente (technicité, horaires décalés, travail le week-end), j’ai estimé à raison que j’en avais fait le tour. Depuis plusieurs années, je m’interrogeais en effet sur la meilleure façon de faire évoluer ma vie professionnelle au-delà de mon acuité commerciale. La seule question était de savoir si à 47 ans c’était encore possible dans la conjoncture actuelle, comme vous pouvez l’imaginer. 

Pourquoi avoir choisi précisément le métier de cuisiniste? 

D’abord parce que mes années d’expérience de vendeur dans un groupe spécialisé dans la commercialisation de produits électroménagers m’ont été très utiles. Elles m’ont permis de parfaire mes techniques de vente et de consolider mon goût pour le relationnel client tout en m’adaptant aux exigences de mon entreprise en termes de chiffres d’affaires. Après une formation de plusieurs mois dans un CFA spécialisé en la matière, mon cheminement m’a conduit ensuite vers cette profession de «vendeur concepteur cuisine». Au cours de cette formation complétée de stages, j’ai balayé tous les aspects du travail de cuisiniste, à savoir la décoration, le design, l’agencement et les normes de sécurité. Elle s’est révélée être une occasion unique d’appréhender le tournant professionnel que j’attendais depuis longtemps tout en restant dans un domaine qui m’est familier.

La transition était toute faite, mais comment s’est-elle concrétisée?


J’ai d’abord essayé de me faire la main dans l’entreprise où je travaillais avant ma formation. Mon employeur m’avait alors assuré que je pouvais aisément exercer ce métier à part entière étant donné que la conception et la vente de cuisines sur mesure étaient devenues un axe prioritaire de l’enseigne. Mais j’ai vite déchanté car je devais en réalité me limiter aux aspects classiques de la vente – faire du chiffre et encore du chiffre – sans pouvoir vraiment toucher aux autres facettes du métier auquel je tenais. Au bout de 6 mois, j’ai compris qu’il fallait que je me rabatte vers d’autres entreprises. Ma chance a été de me projeter dans un secteur où évoluent pas mal de professionnels traditionnels à la recherche de ce type de compétence. En premier lieu, j’ai jeté mon dévolu sur un concessionnaire (indépendant) d’une grande marque employant six salariés. Mais, malgré la petite taille de l’établissement, je n’ai pas supporté l’ambiance oppressante de travail qui était là aussi tourné exclusivement vers une course sans fin à la rentabilité au détriment des salariés et des clients. Le seul avantage résidait dans les commissions sur les ventes. Mais il ne fallait surtout pas compter ses heures. L’expérience a donc tourné court. Au bout de quatre mois, j’ai décidé de m’en aller en prenant soin de chercher un patron plus proche des réalités et de mes attentes, surtout en termes de conditions de travail.

Et vous l’avez rencontré ?

Oui je l’ai rencontré au mois de décembre de la même année. J’y suis depuis et je m’y sens bien même si je n’ai plus certains avantages de la grande entreprise où j’ai travaillé. Je  pense naturellement aux avantages liés à toute grande entreprise : prime de treizième mois, mutuelle santé collective, prime d’ancienneté, tickets restaurant … Pour moi, c’était sans doute le prix à payer tant je ne supportais plus le manque de respect dû à ma personne, l’absence d’autonomie ou de responsabilité et surtout le stress au travail imposé par la pression du chiffre. Je n’ai plus quelqu’un sur le dos toute la journée. Et mon employeur actuel ne tombe pas pour autant dans le paternalisme. Ce qui me va très bien. Mes horaires sont corrects. Je travaille du mardi au samedi de 10 à 19 heures avec une vraie pause déjeuner. Et mes heures supplémentaires sont payées comme il se doit. Avec mes sept collègues, on trouve tous que l’ambiance de travail est bonne et surtout sans stress. S’agissant de la rémunération, je touche, pour l’instant, un salaire de débutant dans la profession, c’est-à-dire un fixe au-dessus du SMIC auquel s’ajoute une commission sur les ventes de 4 ou 5%.

Ces conditions de travail peuvent-elles à votre avis évoluer ? 

Bien entendu. On ne sait jamais de quoi demain sera fait. Je sais de quoi je parle puisque j’ai été longtemps un délégué du personnel très actif dans mon ancienne entreprise. Reste que les problématiques dans une très petite entreprise ne sont probablement pas les mêmes que dans les plus grandes. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle je suis couvert par une convention collective toute récente qui fédère les intérêts des salariés  des magasins prestataires de services de cuisine à usage domestique. Je sais aussi que des élections syndicales vont avoir lieu en novembre ou décembre 2012. Je vais probablement voter le moment venu car je pense que les syndicats apportent beaucoup pour les salariés quels qu’ils soient. Et si j’estime  que cela se passe plutôt bien pour moi là où je suis, les choses peuvent également changer à l’avenir sous la pression de la concurrence sur le marché ou pour une autre raison. Je sais surtout que beaucoup de salariés vivent des situations moins enviables que la mienne aujourd’hui. 

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