Max, serveur : "On minimise les dégâts des amplitudes horaires".

Salarié dans la restauration depuis 1982, Max (45 ans) a souvent dû se battre pour faire respecter ses droits.

Quelle a été votre parcours dans la restauration ?

À ma sortie de l’école hôtelière, j’ai d’abord exercé comme cuisinier, qui est ma formation de base, mais l’expérience a tourné court en raison de l’attitude de mes employeurs successifs envers les clients (abus de surgelés et autres conserves industrielles), mais aussi de leur mépris envers les salariés. Cela s’est un peu mieux passé lorsque je suis devenu serveur… en dehors de toutes les fois où j’ai eu à me battre pour me faire respecter.

Est-ce toujours le cas aujourd’hui ?

En fait, tout dépend de la personnalité des employeurs. Dans le restaurant où je travaille, les conditions d’exercice du métier se sont normalisées après le départ, en 2009, de l’ancien propriétaire avec qui les relations étaient devenues exécrables. Aujourd’hui, la durée légale du travail des salariés est respectée et les heures sup’ sont payées. Ce qui, vous le savez, n’est jamais une évidence partagée dans le secteur. Je travaille cinq jours sur sept, dont deux soirs par semaine. Et je tiens à le préciser : jamais le week-end !

Entendez-vous participer aux élections syndicales prévues à la fin 2012 dans les TPE ?

Pourquoi pas, même si j’ai le sentiment que les avantages sociaux vont en général aux salariés des gros établissements, c’est-à-dire là où les syndicats sont présents et actifs. Sinon, je souscris à leur priorité de faire de la qualité de vie au travail. Je pense notamment à leur combat contre le travail du dimanche, alors que dans la restauration on minimise encore trop souvent les dégâts que peuvent provoquer les amplitudes horaires sur la vie personnelle des salariés (santé, stress, divorce, addiction…). Reste qu’à mon sens, ce combat-là devrait s’inscrire dans une vision plus large de la société, intégrant la dimension écologique, comme, par exemple, la lutte contre la malbouffe de l’industrie agroalimentaire.