HÔTELS, CAFÉS, RESTAURANTS / Droits sociaux : du pain sur la planche

Après avoir arraché un certain nombre d’avancées salariales à l’occasion de la baisse de la TVA, FO estime qu’il reste beaucoup de choses à faire pour valoriser les conditions de travail dans le secteur. 

Les conditions d’emploi et de rémunération se sont quelque peu améliorées dans le secteur des Hôtels, cafés et restaurants (HCR) après la réduction de la TVA en 2009. Contraint et forcé, le patronat de la branche s’était résigné en effet à respecter le « contrat d’objectifs » qu’il avait passé avec les pouvoirs publics. Celui-ci prévoyait notamment de répercuter l’avantage compétitif de la baisse de TVA de 19,6% à 5,5% (2,4 milliards d’euros) sur les prix de leurs produits et services, mais aussi de revaloriser les droits des salariés. « La série de négociations sociales enclenchées à l’époque n’avait pas été de tout repos », se souvient Jean-Luc Giraudon du Syndicat national FO des Hôtels-Restaurants (FGTA FO). « Il a fallu alors batailler dur et pendant plusieurs mois pour arracher les avancées promises aux 800 000 travailleurs des HCR », ajoute-t-il.

« ENCOURAGER LA FORMATION DANS LES TPE »

Depuis un accord de branche du 1er mars 2010, « il n’y a plus aucun smicard dans la profession, le minimum conventionnel étant désormais systématiquement à 1% au-dessus du SMIC », se réjouit aujourd’hui le syndicaliste. À l’initiative de FO, cet accord a permis aussi de garantir 6 jours fériés, « c’est-à-dire chômés, payés ou compensés en temps, même quand le salarié est de repos », et d’instaurer une mutuelle santé collective à partir du 1er janvier 2011. Toujours sous l’impulsion de FO, il a été institué, en juillet 2010, une « prime TVA pour tous les salariés du secteur », dont le montant peut atteindre 500 euros par an (soit 2% du salaire brut). « Certains salariés ne l’ont pas encore touchée, du fait de l’ignorance ou de la roublardise de leur employeur », déplore Jean-Luc Giraudon, avant d’inviter au passage les employés ainsi lésés à exiger le versement de la prime auprès de leur entreprise (ou à se rapprocher de FO si jamais ils n’obtenaient pas satisfaction). Un acquis que le patronat a cherché en vain à supprimer en mars dernier, à l’occasion de la négociation salariale annuelle, sous prétexte de la réaugmentation du taux réduit de TVA à 7% au début de l’année.

Au-delà de la consolidation de ces acquis récents, le représentant FO estime qu’il y a encore fort à faire pour améliorer les conditions de travail et de rémunération des salariés : « Un treizième mois, une sixième semaine de congés payés, une prime d’habillage et l’éradication du travail au noir. » Dans les TPE, il s’agit d’encourager la formation professionnelle, car « malgré leurs cotisations aux organismes dédiés, les très petites entreprises envoient peu ou pas leurs salariés se former », regrette-t-il. Enfin, il y a le dossier de la pénibilité du secteur (amplitude horaire, travail de nuit, montée et descente des escaliers, stress, addictions, implication de la médecine du travail), sur lequel des négociations fastidieuses viennent d’être engagées.