Dans l’Eure, la campagne TPE est bien partie !

Pour David Lecomte de l’Union départementale FO de l’Eure, dans la mesure où il n’y pas d’institutions représentatives du personnel, dans les Très petites entreprises, l’accès direct aux salariés durant cette campagne électorale dépend pour l’instant du bon vouloir des employeurs. 

A l’Union départementale des syndicats FO de l’Eure, la préparation des élections TPE bat déjà son plein. « Nous allons plus que jamais relever le défi de la représentativité dans ces entreprises dénuées de présence syndicale », lance son secrétaire général David Lecomte. La campagne va notamment s’appuyer sur la commission de syndicalisation mise en place il y a maintenant deux ans dans le département. « Elle compte une trentaine de camarades qui ont commencé à travailler pour faire connaître les positions et les analyses de FO en collant au plus près des attentes de ces salariés. Dans les TPE, ils sont souvent seuls avec leur employeur. « Et lorsqu’il s’agit de défendre et de faire respecter leurs droits, c’est plus compliqué », souligne-t-il. L’Union départementale va s’appuyer également sur le travail des conseillers du salarié qui « informent et accompagnent au quotidien les travailleurs pour régler des litiges liés le plus souvent à l’organisation du travail comme le paiement des heures supplémentaires, le respect des repos compensateurs ou hebdomadaire ». Au-delà de la nécessité de démontrer le rôle indispensable du syndicat dans la défense de tous les salariés quelle que soit la taille de l’entreprise, « nous travaillons à l’élaboration d’un cahier de revendications le plus large possible en fonction du secteur d’activité dans lequel ils évoluent », précise encore David Lecomte. Pour cela, l’Union départementale utilisera le travail de ses représentants dans les branches professionnelles « dont le souci a toujours été d’étendre à toutes les entreprises les avancées arrachées dans les négociations en termes de formation (DIF, CIF…), de protection sociale (prévoyance, mutuelle, santé…), de temps de travail (application des 35 heures, pénibilité…) ou de rémunérations (minima conventionnels, 13ème mois, prime d’ancienneté…) ».

Le département de l’Eure ne compte pas moins de 15.000 très petites entreprises qui emploient environ 45.000 salariés. Dans le cadre de cette élection, le problème des syndicats ne sera pas tant d’élaborer des revendications claires et précises dans les TPE que d’approcher les salariés sans intermédiaires tout au long de la campagne de sensibilisation devant s’étaler jusqu’au mois de novembre. « Nous avons demandé aux chambres patronales locales de jouer le jeu afin de pouvoir toucher les salariés, par exemple en invitant leurs adhérents à laisser nos militants accéder aux entreprises afin d’informer directement les salariés sur les enjeux de ces élections le temps de la campagne électorale », explique le leader de FO. Le responsable syndical a demandé aussi « la possibilité de contacter les salariés des petites entreprises, et ce bien entendu dans le respect de la loi en la matière ». L’union départementale a saisi d’ailleurs à ce sujet la Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi (Direccte). « Nos demandes sont restées pour l’instant vaines au grand dam de la liberté syndicale », déplore David Lecomte. C’est pourquoi il a appelé les pouvoirs publics locaux à assumer leurs responsabilités.