Election TPE : Cadres et ingénieurs vont pouvoir donner de la voix

Rémunération, temps de travail, évolution de carrière, FO entend peser dans les négociations à venir.

Près de 400 000 cadres et ingénieurs travaillent dans des TPE, soit 10% de l’encadrement du privé. Pour la première fois et comme 5 millions de salariés de ces Très Petites Entreprises, jusque-là exclus des élections professionnelles, ils vont pouvoir voter pour une organisation syndicale. Comme le souligne Jean-Claude Mailly, « de longue date, FO revendique, négocie et fait progresser les droits des salariés. Ces élections doivent nous permettre de faire sortir les cadres des TPE de l’ombre ».

Parce qu’il s’agit d’un syndicat confédéré, présent dans tous les secteurs d’activité et sur tout le territoire, FO peut négocier des accords collectifs dans tous les domaines. Récemment, pour garantir le salaire et le pouvoir d’achat, le syndicat a obtenu une revalorisation de 2,3% des minima pour les ingénieurs et les cadres de la métallurgie. C’était en janvier 2012. Pour renforcer le droit à la formation FO Cadres a su sauvegarder l’APEC, l’Association pour l’emploi des cadres, de ce fait ils continuent d’avoir accès à ses services.

Les cadres des TPE sont à la fois comme les autres et différents des autres. Comme leurs homologues des PME et des grandes entreprises, ils tiennent à l’autonomie dans le travail, à l’intérêt pour le poste occupé, aux évolutions de carrière. La différence vient de la taille de l’entreprise : moins de onze salariés. Les cadres y sont plus polyvalents que dans les structures plus importantes. Les rémunérations s’en ressentent. Dans les très petites entreprises, le salaire brut médian annuel des cadres s’élevait à 42 000 euros en 2010, soit 3 000 de moins que dans les autres structures et jusqu’à 8 000 de moins si l’on compare avec ceux qui travaillent dans des entreprises de plus de 5 000 salariés. En plus de la rémunération, FO revendique l’instauration des titres-restaurants, des Chèques-Vacances et des complémentaires santé et prévoyance, comme dans les autres entreprises.

IL N’Y A PAS DE TRÈS PETITE ÉLECTION

Si un cadre sur deux reste satisfait professionnellement, l’APEC note qu’ils sont aussi plus pessimistes quant à l’évolution de leurs conditions de travail au cours des douze prochains mois. Les petites entreprises –20% de l’emploi salarié– n’échappent pas aux répercussions d’une situation économique toujours marquée par la crise et beaucoup cette année ont mis un frein à l’embauche.

Avec le salaire et l’emploi, le temps de travail apparaît aussi comme une préocccupation majeure des cadres et des ingénieurs de TPE. Plus d’un quart d’entre eux font plus de 39 heures par semaine, sans parler de ceux qui ne comptent ni les heures ni les jours. FO milite pour garantir la prise effective des jours de repos et fixer l’amplitude maximale à dix heures par jour et 48 heures par semaine. C’est la première condition pour lutter contre le stress et la souffrance au travail. Au-delà, FO Cadres souhaite que l’on sorte du seul diagnostic des risques psychosociaux pour que l’organisation du travail fasse l’objet d’une négociation collective prioritaire, capable d’apporter des garanties collectives. D’où cette formule : les cadres doivent pouvoir arracher « un droit à la déconnexion pour protéger leur vie privée ».