Boucherie-charcuterie : FO à cheval sur les revendications

Grâce à la persévérance des syndicats, comme FO, la branche « Boucherie-charcuterie et Boucherie hippophagique » a quelque peu redoré son blason ces dernières années en matière de conditions de travail et de rémunération...même s’il reste fort à faire.

 Pendant très longtemps, la branche « Boucherie-charcuterie et Boucherie hippophagique » a souffert d’une image dégradée en raison de conditions de travail qui viraient parfois à l’exploitation des salariés dans ce secteur clé de l’artisanat et du commerce alimentaire. « C’est la pression constante des syndicats qui a été déterminante pour que les choses changent depuis quelques années », explique Didier Pieux, représentant de la FGTA FO au sein de la branche. Le combat des syndicats, comme FO, a permis ainsi de dessiner d’au-tres perspectives de carrière à ces salariés en améliorant régulièrement leurs conditions de travail et de rémunération. « Sur les salaires, on négocie une hausse annuelle de tous les minima d’une grille conventionnelle, qui est réexaminée deux ou trois fois par an (janvier, mai et septembre) en vue d’éventuelles révisions applicables au 1er février, 1er juin et 1er octobre », précise Didier Pieux.

En 2011, tous les salaires ont augmenté de cette manière de 2,5% sur l’année (+2% en février et +0,5% en octobre). En 2012, la première revalorisation a d’ores et déjà été de 1,5% au 1er février. En attendant la prochaine hausse, les deux premiers coefficients du niveau 1 dans la branche s’élèvent respectivement à 1 471 euros brut (plongeur, employé d’entretien) et 1 488 euros brut (livreur, employé administratif), soit bien au-delà du SMIC (1 425,67). « On a su également développer et consolider un dispositif de prévoyance exceptionnel en cas de maladie, d’accident, d’invalidité ou de décès », poursuit-il, citant en particulier la récente réévaluation de la « rente éducation exprimée en pourcentage du salaire brut en fonction de l’âge des enfants à charge ». Son objectif est maintenant d’imposer une complémentaire santé obligatoire, un treizième mois, une prime d’ancienneté et des tickets repas. À FO on met aussi en avant les dispositions de l’accord Senior (2010), susceptibles de prévenir les situations de pénibilité ou d’usure professionnelle des plus de 55 ans. Des mesures s’ajoutant aux actions de prévention réalisées en amont et en lien étroit avec l’assurance-maladie pour préserver la santé des salariés, quel que soit leur âge.

L’amélioration des conditions de travail s’inscrit enfin dans une politique ambitieuse de formation tout au long de la carrière professionnelle (apprentissage, contrat ou période de professionnalisation, formation continue, certificat de qualification professionnelle...). Laquelle permet à nombre de salariés d’accéder à des postes et des rémunérations supérieurs et garantis par la grille de classification conventionnelle. Pour Didier Pieux, à force de persévérance, la convention collective constitue aujourd’hui un ensemble cohérent de droits sociaux indispensables au maintien d’une certaine attractivité des métiers du secteur. C’est pourquoi, ajoute-t-il, « avec la Confédération française de la boucherie (CFBCT), nous sommes en ce moment à couteaux tirés après son refus d’adhérer fin 2011 à l’organisme paritaire de financement de la formation professionnelle (OPCALIM), qui regroupe les branches de l’alimentaire... et seul à même de sécuriser davantage les parcours des 15 000 salariés de la boucherie artisanale ».