Le bâtiment : FO en osmose avec les salariés du Bâtiment

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iation dans la branche, le syndicat a permis d’améliorer sensiblement les conditions de travail et de rémunération de ce type de salariés, souvent laissés pour compte ailleurs. 

Il n’y a pas moins de cinq organisations patronales dans la branche Bâtiment et Travaux publics. Dès lors, entre la Confédération de l’artisanat et des petites entreprises du Bâtiment (CAPEB), la Confédération générale des sociétés coopératives et participatives (SCOP), la Fédération française des entreprises de génie électrique et énergétique (FFIE), la Fédération nationale des Travaux publics (FNTP) et la Fédération française du Bâtiment (FFB), il n’est pas toujours facile pour les syndicats de se frayer un chemin dans les négociations lorsqu’il s’agit d’améliorer le quotidien des salariés du secteur. 14_SERRA_bâtiment {JPEG}

« Nous sommes face à des mentalités différentes. Les représentants employeurs du Bâtiment sont en général ceux qui gèrent leur propre entreprise, tandis que dans les Travaux publics, nous sommes plutôt face à des grands groupes et nous avons donc affaire à des gestionnaires RH) », résume Franck Serra de FO BTP. Et ces organisations patronales sont loin d’être sur la même longueur d’onde. « Il suffit de prendre l’exemple de la rémunération. Dans le Bâtiment, les grilles conventionnelles sont mensualisées et dans les Travaux publics elles sont annualisées, comme d’ailleurs la durée du travail », précise le négociateur FO. De même, ajoute-t-il, « il existe une certaine convergence entre les TPE et les grandes entreprises et un certain respect du dialogue social dans le Bâtiment, moins perceptibles dans les Travaux publics ».

« Nous faisons partie de leur quotidien sans qu’ils le sachent toujours »

Néanmoins, si les négociations peuvent être très tendues, elles sont facilitées par l’existence de plusieurs conventions collectives où le patronat des Travaux publics ne peut intervenir sur tous les sujets : CCN des ouvriers employés par les entreprises du Bâtiment occupant jusqu’à dix salariés ; CCN des ouvriers employés par les entreprises du Bâtiment de plus de dix salariés ; CCN des employés, techniciens et agents de maîtrise du Bâtiment ; CCN des salariés cadres. Des textes, qui plus est, peuvent être améliorés pour les salariés – par exemple sur les salaires, les indemnités de transport, de trajet, de pa-nier-repas ou les quotas d’heures sup’ – au niveau régional et départemental pour tenir compte des spécificités locales. « Au niveau national, on essaye aussi de faire en sorte que toutes les entreprises se trouvent sur un pied d’égalité. On refuse que les TPE soient laissées pour compte », souligne Franck Serra.

Ainsi, FO a négocié les Chèques-Vacances et primes vacances au bénéfice des salariés des TPE ». Le syndicat a signé également un accord prévoyant la majoration des premières heures sup’ de 25% et des suivantes de 50% pour toutes les entreprises. « Le problème demeure les avantages dont ils sont privés du fait de la taille de leurs entreprises. Aujourd’hui, nous cherchons notamment à négocier et à graver le treizième mois dans les conventions collectives », explique-t-il. Il poursuit le même objectif sur les conditions de travail avec un accord récent sur la pénibilité. Celui-ci a permis de définir les pathologies du secteur – risques amiante,chimiques, psychosociaux, stress et Troubles musculo-squelettiques (TMS) – et de créer un « compte épargne-temps pénibilité » à solder en fin de carrière. Pour Franck Serra, « tous ces accords apportent du concret aux salariés des TPE. Nous faisons partie de leur quotidien sans qu’ils le sachent toujours. Notre devoir reste de le leur expliquer, notamment à l’occasion de ces élections prévues à la fin de l’année ».

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